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Le Rhin, fleuve européen, développe les 1 300 km de son cours à travers
six pays : la Suisse, l'Autriche, le Liechenstein, l'Allemagne, la France
et les Pays Bas.
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Son bassin versant lui adjoint encore par ses affluents des eaux du Luxembourg et de la Belgique. De manière très symbolique, même l'Italie contribue au bassin versant supérieur par le torrent alpestre " Reno di Lei ".

On comprend pourquoi les hommes ont depuis longtemps éprouvé la nécessité de travailler en commun, au sein d'organismes internationaux officiels, pour la valorisation d'une richesse partagée :

* Tout d'abord est née en 1815, au Congrès de Vienne, la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin (CCNR). Les Etats directement intéressés par la navigation rhénane ont décidé de nommer des Commissaires dont le collège aurait à délibérer " d'un commun accord, tout ce qui a rapport à la prospérité de la navigation de cette rivière ".
Elle siège à Strasbourg, dans le Palais du Rhin, depuis 1919. Elle comporte un Comité Technique Permanent où EDF est associée à titre d'expert. Elle délibère sur tous les projets comportant un travail dans le lit ou sur l'une des berges du Rhin, de Bâle à Rotterdam.

* En 1919, le traité de Versailles accorde à la France le droit exclusif d'aménagement du fleuve à fin énergétique, tout en préservant la liberté de navigation. La CCNR approuve le projet français de canalisation du Rhin en 1925, ouvrant ainsi l'aménagement hydroélectrique du fleuve sur son parcours franco-allemand.

* Le 21 octobre 1956, la Convention du Luxembourg, entre la France et l'Allemagne, instaure le principe des aménagements en " feston " en remplacement du Grand Canal d'Alsace. Cette même Convention crée le
" Comité A " et le charge de suivre tous les problèmes d'ordre technique liés à la réalisation et à l'exploitation des ouvrages du Rhin endigué entre Bâle et Strasbourg, et à l'installation d'équipements nouveaux notamment en rive allemande. Le " Comité B " est quant à lui chargé des questions juridiques sur le même domaine.

* Le 04 juillet 1969, la Convention de Paris, accord franco-allemand pour l'aménagement du Rhin en aval de Strasbourg (qui crée les aménagements en ligne bi-nationaux), instaure la Commission Permanente destinée à suivre toutes les questions relatives aux procédures, travaux, exploitation et renouvellement des ouvrages de régulation du Rhin en aval de Strasbourg. Depuis la Convention du 06 décembre 1982, elle suit aussi les mesures d'écrêtement des crues (polders, barrages agricoles, etc.).
Un Comité associé à la Commission Permanente est chargé d'en préparer les décisions.

* Les aspects relatifs à la protection du Rhin contre la pollution sont traités par la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR), créée de manière informelle en 1950, puis officialisée par la Convention de Berne en 1963. Elle regroupe les Etats riverains et depuis 1976, la Commission Européenne.

Les prémices de coordinations internationales

Le principe de la liberté de la navigation intérieure , est édicté en 1792 sur l'Escaut. Il est indiqué que " le cours des fleuves est propriété commune et inaliénable de toutes les nations traversées par leurs eaux ". Le Rhin adopte ce principe en 1798, dans le traité de Rastadt.
Jusqu'au XIX ème siècle, le principe de liberté de navigation a été cité à de nombreuses reprises (traité de Munster en 1647, traité de Ryswick en 1697, traité de Baden en 1714, etc.), mais il n'excluait pas les nombreux péages et droits d'octroi divers.
Les péages pour la navigation et les droits d'octroi ont été abolis sur le Rhin le 17 octobre 1868 lors de la Convention de Mannheim.