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La fonte des neiges ou les orages soudains dans les Alpes suisses, peuvent faire monter rapidement le niveau des eaux du Rhin dont le débit habituel moyen est de l'ordre de 1 050 m/s (1 062 m/s à Kembs, 1080m /s à Strasbourg).

Les barrages sont prévus pour dériver un débit de l'ordre de 1400 m/s ou 1500 selon le lieu vers la partie canalisée qui conduit l'eau vers la centrale et les écluses. Un débit permanent minimum (de 15 m/s à 30 m/s (selon la saison et le site) est réservé au Rhin naturel pour la préservation de sa faune et de sa flore.




























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barrage agricole









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polder





















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simulation crues


















Lorsque le canal de dérivation est saturé, le surplus d'eau se déverse dans le lit naturel du Rhin par le barrage et ce de façon automatique.
Pour les débits supérieurs à 2800 m/s à Kembs, le fonctionnement de ce barrage devient manuel et nécessite la mise en place de personnel en quart qui pilote et surveille en permanence l'ouvrage.

Les réflexions internationales sur la maîtrise 
des crues rhénanes débutent dès 1968.

Le 21 juin 1968, la Conférence de Bonn crée la Commission Internationale d'Etude des Crues du Rhin. Des groupes d'experts y sont attachés pour étudier de 1968 à 1978 les dispositions et procédures à mettre en oeuvre lors de crues très importantes pour protéger les population des grandes villes allemandes telles que Francfort, Mayence, Cologne, Coblence …

La gestion des débits de crues exceptionnelles (généralement au-dessus de 4500 m/s) relève d'une collaboration étroite entre les acteurs français et allemands réunis au sein de la Commission Permanente pour le Rhin qui a fixé des procédures internationales d'écrêtement.
La mise en œuvre de toutes ces mesures au niveau des barrages agricoles, des polders et des centrales hydroélectriques se justifie statistiquement 5 à 10 fois par siècle.

Les manœuvres d'écrêtement aux barrages agricoles

Pour favoriser l'agriculture et préserver l'alimentation de la nappe phréatique, le lit naturel du Rhin est équipé de 2 barrages dits agricoles (à Breisach et Kehl), ainsi que de 7 " seuils fixes " ou barrages très bas qui créent des retenues d'eau permanentes.
Ils sont équipés d'échelles à poissons.
La procédure d'écrêtement des crues au niveau de ces barrages agricoles est mise en œuvre par leur gestionnaire, le Land du Bade-Wurtemberg.

 

Les manœuvres d'écrêtement aux polders

Plusieurs polders sont construits ou en cours de réalisation au bord du Rhin (Altenheim, Sölingen, La Moder, Erstein…) et contribuent à l'écrêtement des crues en tant que capacité de stockage tampon.
La procédure d'écrêtement des crues au niveau de ces polders est mise en œuvre par leurs gestionnaires : le Service de la Navigation de Strasbourg (SNS) pour la France, le Land du Bade-Wurtemberg pour l'Allemagne.

 

Les manœuvres d'écrêtement 
aux centrales hydroélectriques

Lorsque le débit d'une crue devient critique et selon les conditions définies dans la consigne internationale, le débit turbiné dans les centrales hydroélectriques de Kembs à Strasbourg est progressivement réduit pour transférer de plus en plus d'eau dans le lit naturel du Rhin. Cette manœuvre conduit à un effet " d'écrêtement" de la pointe de la crue par suite du ralentissement de l'écoulement, grâce au stockage supplémentaire qu'entraîne l'étalement des eaux dans les espaces inondables bordant le lit naturel du Rhin. Côté France, l'eau submerge une partie des îles jusqu'au pied des digues des canaux de dérivation ; côté Allemagne, elle sera arrêtée par les digues de hautes eaux aménagées au 19 siècle par Tulla.

En fin de manœuvre, les centrales sont quasiment arrêtées et tout le débit s'écoule par les barrages dans le Vieux-Rhin, sauf pour le Grand Canal d'Alsace où un débit de 200 m/s est maintenu pour garantir la sûreté de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Quand les conditions sont requises, les centrales sont progressivement réalimentées par réduction lente du débit déversé aux barrages jusqu'à retrouver une situation normale.

Cette procédure internationale d'écrêtement des crues est déclenchée à la demande des autorités allemandes et pilotée par EDF au Poste Hydraulique de la Vallée (PHV) du Rhin basé à Kembs.

Histoires de crues !

Les régions rhénanes ont longtemps subi la rigueur d'un fleuve souvent dévastateur.

En 1296, une crue fit passer Vieux-Brisach sur la rive droite du Rhin.
Toutes les chroniques font état de crues catastrophiques. La Saint Jean de 1480, par exemple, a vu Strasbourg entouré d'eau dans un rayon de 30 km, inondation suivie d'épidémies et de famine.

En 1999, un débit de pointe exceptionnel !
Des débits exceptionnels dépassant les 4500 m/s voire 5000 m/s au niveau de certains aménagements ont été enregistrés entre mai et juin 1999. La fréquence d'apparition d'un tel débit est par exemple de deux siècles à Kembs. Ces débits d'eau, exceptionnels en niveaux comme en durée, ont conduit à de nombreux arrêts de la navigation, à la mise en place de personnel en quart pendant 6 semaines et à la mise en œuvre de l'écrêtement des crues par l'ouverture progressive des vannes au niveau des barrages EDF, à des opérations de dégrillage conséquentes et au quasi arrêt des usines hydroélectriques.

 

L'objectif d'amélioration de la prévention des crues et de protection contre les inondations du programme " Rhin 2020 "

Le programme " Rhin 2020 - Programme pour le développement durable du Rhin " de la CIPR (Commission Internationale pour la Protection du Rhin) succède au Programme d'action du Rhin qui a été mené à terme avec succès. Ce nouveau programme définit des orientations pour la protection du Rhin, avec pour priorité :
 
- l'amélioration de la prévention de crues et la protection 
  contre les inondations,
  mais aussi …
 
- la restauration de l'écosystème,
 
- la protection des eaux souterraines,
  
- la surveillance en continu du Rhin, de la qualité de l'eau.

Son périmètre est l'ensemble du bassin versant du Rhin 
du Lac de Constance à la mer du Nord.
La décision et mise en œuvre du programme relèvent de la responsabilité de chaque Etat riverain du Rhin.

Prudence au bord de l'eau

Des déversements dans le Rhin naturel, avec montée rapide du niveau d'eau et du courant, se produisent plusieurs fois par an, suite à des crues ou à l'exploitation des ouvrages.
Par ailleurs, il est interdit d'aller sur les îlots du Rhin et de marcher sur les berges bétonnées des parties canalisées car elles peuvent être très glissantes.
Les dangers, justifiant parfois des interdictions d'accès par Arrêtés préfectoraux, sont signalés en bordure du Rhin et des parties canalisées par des panneaux.

Surveillez les enfants ! Prévoyez un chemin de repli sûr ! Respectez les panneaux !